dimanche 10 mai 2015

marathon de Anvers



Je n'ai finalement pas abandonné. Il s'en est fallu de peu mais j'ai tenu jusqu'au bout . A tort ou à raison, j'ai serré les dents et continué Anvers et contre tout (facile celle là …)

Si , au moment du départ, on me l'avait annoncé, je ne l'aurais jamais cru . Approcher l'abandon sur un ultra, je peux le comprendre, titiller ses limites lorsque la chaleur accable l'organisme, lorsque son corps ne peut plus rien ingérer, cela arrivera certainement un jour. Mais sur marathon …

Tout avait pourtant bien commencé, j'avais opté pour une course tranquille derrière le ballon des 3h15 avec pour objectif de faire une sortie longue tout en découvrant la ville d'Anvers. J'ai ainsi pu apprécier l'organisation huilée et claire, l'exotisme d'un départ ou on ne comprend rien au discours d'encouragement (en flamand) et la récupération du t-shirt de finisher alors que la course n'avait pas encore démarrée (véridique !). 

 

Qu'attendre d'autre de cette commune belge que de faire les choses à l'Anvers ? ( ouais, j'ai mangé un paquet de carambars )

Anvers … ité, (et ça continue, ou va t il s'arrêter ?), tout c'est parfaitement déroulé jusqu'au 15 ème km. J'avais pu profiter du début du parcours avec la traversée souterraine de l'Escaut par le tunnel Kennedy.

 

 Un bon km dédicacé aux claustrophobes descendant dans sa première moitié puis montant dans sa seconde mais bien usant pour celui qui cherchera à faire un temps.
Le GPS a évidemment perdu le signal incapable de retrouver un quelconque satellites au travers des mètres de béton et de flotte qui s'accumulent au dessus de nos si fragiles têtes . Vu comme ça , cela fait un peu flipper !


Mais il y a pire, en la présence de braveheart, un écossais sec aux cheveux hirsutes, torse nu, en kilt et rangers qui gueule des « left, right » en fonction de ses possibilités de dépassement. Contrairement à ce que penseront certains, je n'aborderai pas le sujet sur la présence ou pas de sous vêtements sous la fameuse jupe écossaise !


La ballade était belle, l'ambiance silencieuse, la concentration tournée vers la réalisation des objectifs de chacun … jusqu'au 15 ème .
Et là, ce fut le drame !


J'ai ressenti une sorte de décharge électrique qui partait du tendon d'achille jusqu'au bas des fesses, puis une crispation derrière la cuisse. Je serre les dents pendant deux kms, tente de soulager la jambe douloureuse en basculant tout le poids du corps sur la jambe encore valide. J'adopte une foulée de canard boiteux ou de danseur de mia (au choix) .
Malheureusement, je suis un piètre rappeur et un palmipède encore plus ridicule.


Je décide donc de stopper quelques instants sur le bord de la route afin de tenter des étirements et des massages qui pourraient me permettre de repartir soulagé.
Le miracle , évidemment, n'a pas eu lieu … le ballon des 3h15 s'échappe inexorablement pour disparaître définitivement de mon champ visuel .

Je reste perplexe face au choix qui s'offre à moi . S'arrêter ou continuer et finir coûte que coûte ?
La réponse s'est imposée d'elle même. Je ne connais ni la ville, ni la langue. Je n'ai pas d'argent sur moi et aucun plan à disposition . Abandonner pour aller où et comment ?


J'essaie d'oublier la douleur et j'enchaîne les foulées. L'allure a fortement baissée, je tourne entre 5'05 et 5'30 au km et la distance avance lentement. Vu ma cadence, je me fais doubler de tous les côtés et je tente de positiver en me disant que cela forge le mental et que ça ne peut pas faire de mal à l'aube des 240 kms de l'intégrale de Riquet ou j'aurais obligatoirement à courir avec les jambes douloureuses …


Cependant, entre la sensation d'épuisement et celle d'une cuisse fragile qu'on sent capable de péter à tout moment, il y a un monde. J'essaie bien de la soulager au maximum mais les résultats ne sont pas fameux.

Finalement, au bout d'une dizaine de km, la douleur redevient supportable, l'impression de crampe s'atténue sensiblement et cela se ressent au niveau chronométrique. Je passe de 5'22 (km26) à 4'45 (km27) et je sens que le muscle ne risque pour l'instant plus de lâcher.


Je reprends donc mon rythme initial et accélère pour tenter de récupérer le ballon des 3h15. Je redouble énormément de monde, grisé par ma forme retrouvée. Les kms défilent plus vite et je me rends rapidement compte que le temps perdu ne pourra être rattrapé.

Je profite du paysage,


le museum Ann de Stroom


la grande place

 

et boucle ce périple Belge en 3h 16 min 51 s directement sur la grande place d'Anvers.


Le point d'arrivée étant différent de celui de départ (de part et d'autre de l'Escaut) il a fallu trouver comment passer d'un côté à l'autre … toute une histoire pour trouver quelqu'un qui parle français et qui puisse m'indiquer (et gentiment m'accompagner) le tunnel piéton (Saint Anne) qui me mènera, boitillant, directement à la voiture.


Côté orga :
Retrait dossard simple, clair et efficace.
Ravito en solide trop léger
Une meilleure indication du trajet de retour serait bénéfique
Pour une cinquantaine d'euros vous aurez droit à un t shirt, un bidon pour le vélo et une médaille finisher
Ce marathon n'est pas foncièrement compliqué mais la présence de pavés, de trottoirs, de relances ne facilitent pas la réalisation d'un temps record.


Et voilà donc un marathon de plus au palmarès . Après Barcelone, la Rochelle, la route du Louvres (4 fois), les Yvelines, Rotterdam , voici Anvers !

Côté blessure, je n'ai pas couru pendant 5 jours et j'ai favorisé la pratique du VTT qui m'était indolore . Le sixième, j'ai pu enfin tester la cuisse et aucune douleur n'est venue assombrir l'avenir sportif immédiat. A mon grand bonheur puisque le 3 mai , je suis inscrit au trail du cap de Creus en Espagne , beau morceau de 43 kms et 2200 m D+ !

Affaire à suivre !

Résultats ... ICI


2 commentaires:

  1. Cool que la douleur soit passée.
    Sinon de mon temps, c'étaient des majorettes qui donnaient les médailles à Anvers, tout se perd !!!
    Ben L

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    1. non t'inquiètes , c'était toujours le cas !

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