samedi 7 février 2015

Trail des 3 vallées

Lorsque je m'inscris à une course, j'espère toujours y trouver du plaisir. Celui ci peut découler de la place finale, du temps ou des paysages . Mais aujourd'hui, j'ai pu vivre un de ces rares moments ou le scénario de course à été quasiment idéal. La ligne franchie, j'étais euphorique, encore sous le coup d'une impression de totale maîtrise. Pourtant, je n'ai pas gagné, je n'ai pas fait de podium non plus et j'ai même réalisé une paire d'erreurs. Mais qu'importe. Après le demi fiasco du trail D2B, l'important était ailleurs.

Depuis 15 jours, je suis passé par tous les états :
D'abord en me punissant et en m'astreignant 10 séances consécutives sans pause et dès le lendemain du marathon.
Puis, épuisé, sans envie et les jambes en vrac j'ai complètement coupé pendant trois jours pour refaire du jus avant le trail des 3 vallées.
Enfin, j'ai racheté des gels qui m'allaient si bien les années passées pour me nourrir durant l'épreuve.



En ce samedi glacial (-5°C à 8h30) , me voilà donc à Couvin ( Belgique) prêt à affronter les 33 kms du jour pour 800 m D+ . En piochant des informations à droite et à gauche, Benoît (rappelez vous ... le prof de physique ) m'a apporté quelques renseignements essentiels : bien se placer au départ car les premiers hectomètres très étroits risquent de me faire perdre du temps . Tout en le sachant, je suis tombé dans le piège .
En même temps, faire partir l'ensemble des concurrents des 3 distances (11,22 et 33 kms) à la même heure, sur un chemin aussi étriqué,  ne pouvait entraîner que des problèmes ...

je me retrouve donc engluer dans le peloton , calquant mon allure sur le coureur qui me précède , dans l'impossibilité de le doubler. Le temps passe, je prends mon mal en patience et lâche enfin les chevaux à l’assaut de la première longue ascension. Celle ci commence sur bitume pour passer ensuite sur chemin de terre. Je me faufile entre les groupes, gratte quelques places lorsque le terrain le permet. La difficulté du jour, outre le relief, est le froid. Pas en tant que tel, mais plutôt dans la diversité des conséquences qu'il entraîne : soit le parcours propose une couche de neige usante et plus ou moins tassée ( 5 à 10 cms), soit nous aurons droit à de longues flaques gelées hypers glissantes. J'ai rarement vu autant de chutes que durant cette épreuve ...
Enfin, à ce binôme glace/neige, il faut ajouter la présence d'ornières complètement gelées elles aussi et traîtresses pour les chevilles, nous sommes parfois à la limite du praticable .

Même mal placé, je m'amuse à rattraper des groupes, les dépasser et aller chercher le suivant. Ce schéma de course m'aura au moins permis de ne pas partir trop vite et de m'économiser. Je joue au Pacman et j'aime bien ! La forme semble être là , je monte facilement, même les portions les plus raides. Autour de moi, je sens mes voisins respirer vite et  fort.

A la séparation  des différentes distances, j'apprends que je suis remonté à la douzième place. Je me retrouve au sein d'un petit paquet de coureurs qui tente de sauter de part et d'autre d'un chemin à la recherche de rares portions ou les appuis ne fuient pas. Un de mes prédécesseurs place son pied sur une couche de glace dissimulée sous quelques centimètres de neige. Verdict immédiat : envolée non maîtrisée, horizontale en l'air , retombée inesthétique, fracassage de la couche de glace , cri guttural et cul dans l'eau gelée.  Le bougre se relève en boitant  avant de reprendre sa course tant bien que mal ... j'ai gagné une place (je suis positif).

D'abord un brin rapide , je trouve que le rythme baisse quelque peu. Je prends les devants lors d'une séquence de toboggans et largue progressivement mes compagnons . Un de mes camarades s'accroche et me permettra de maintenir un rythme sympa en évitant de chasser seul entre deux groupes. Je suis désormais 10 ème.

Au loin, nous apercevons le 9 ème. Lors des parties plates, l'écart stagne, par contre lorsque le terrain grimpe, nous nous rapprochons sensiblement. A force d'abnégation, nous faisons la jonction, au rythme ,sans accélération. Au 16 ème km, nous le dépassons et le laissons seul avec quelques mots d'encouragement.

En tête de notre binôme, je me force à conserver de l'énergie, à maîtriser mon allure pour éviter de finir à l'agonie comme la semaine dernière. Le 17 ème km présente une autre côte sympa et mon compagnon de route prend les devants et impose un rythme trop élevé pour moi . Je laisse filer quelques mètres , le rattrape finalement en fin d’ascension et le lâche au sommet dans la relance. Je suis désormais seul.

La forme est encore là, nous empruntons le bord bitumée d'un lac. En observant le paysage, je vois un concurrent devant moi, je regarde ma montre pour tenter d'établir un écart : 2 minutes.
Mon rythme ne bouge pas, d'une régularité métronomique. Je m'attends à tout moment à exploser mais a priori, aujourd'hui, la fatigue n'a pas de prise sur mes jambes.

Voyant que tout va bien, j'accélère légèrement, doublant les randonneurs, accrochant un vttiste.Je rentre dans une de ces phases ou j'ai l'impression que rien ne peut m'arriver. J'avale les bosses en courant et le 8 ème par la même occasion. Je continue mon effort sentant bien que j'aurai assez d’énergie pour maintenir ce rythme jusqu'au bout. 30 ème km, je dépasse le 7 ème. 31 ème km, je dépasse le 6 ème.

Je dévale la dernière descente, fuse sur l'ultime partie plate, peste contre la présence imminente de la ligne d'arrivée sentant bien que j'en avais encore dans les jambes ...

Je m'arrêterai donc là : 6ème en 2h43. Quelques regrets pour le départ qui m'a fait louper le wagon de tête mais en le prenant n'aurais je pas été en surrégime ? Pas grave, je me suis éclaté comme rarement.
Au regard des résultats, le podium m'était de toute façon inaccessible (2h33). Par contre la quatrième place n'était qu'à 3 minutes ...

Le résultat est encourageant. Je vais poursuivre mon entraînement croisé dans la même direction . Pour imaginer, je n'ai couru que 7 fois le mois dernier (dont 2 courses ). Le reste est composé de natation et d'home trainer.  Je sens qu'il me manque du rythme et que sur courses courtes, les résultats seraient tout autre. il faudra donc intégrer davantage de fractionnés pour améliorer encore la forme. Nous pourrons juger de tout ceci lors de la prochaine échéance : la noctambule chimacienne 22kms (le 21/02) .

Côté organisation :
- Système de départ commun à revoir clairement, tout comme le début de course trop étroit.
- Bénévoles parfaits à chaque carrefour. Pas d'hésitations ni de risques lors des traversées.
- Ravitos au nombre de 3 mais je ne peux les juger car je ne m'y suis pas arrêté.
balisage plutôt correct si on excepte la première partie qui suit la séparation 33 kms / 22 kms ou quelques hésitations se sont faits sentir.
- Mais surtout : prix d'inscription belge donc imbattable ! 10 euros avec repas d'après course et entrée piscine.
- Le parcours fut sympa, relativement roulant et pas tellement difficile. Les 33 kms n'y étaient pas (32 kms) et le dénivelé conforme (selon openrunner : 734 m D+).
- Un photographe dans l'organisation aurait été sympa.
En bref, une belle découverte !

résultats .....   ICI !



8 commentaires:

  1. Bravo David ! bonne perf , plaisir de courir , bonnes sensations bref une belle journée apparement .

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  2. Ca fait plaisir de lire un récit comme ça ! Y a des bonnes ondes à Couvin, j'avais adoré aussi.
    Ben

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    1. faut qu'on y aille ensemble une prochaine fois !

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  3. Bravo David belle remontée sur un parcours exigeant eu égard aux conditions météos.....Connais-tu le parcours du trail des Jonquilles à Montignies-sur-roc ?
    Manu.

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    1. non, je n'y suis jamais allé . Dans le futur peut être .
      a plus manu

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  4. Réponses
    1. les plus simples, ceux de décathlon parfum agrumes

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